Les atouts d’une collaboration et d’une mise en réseau entre associations locales

Par Jean-Arsène Jossen, secrétaire politique de l’ATE Jura, pour l’ATE Jura et Pro Natura Jura

 

Cela fait maintenant plusieurs années que nos associations partagent des locaux, ce qui nous a permis de progressivement consolider nos collaborations et donné l'envie d'unir nos forces et compétences pour encore mieux défendre nos missions respectives et parfois complémentaires.

L'ancienne gare des marchandises était idéalement située, offrant une très grande visibilité et engageant les gens à venir frapper à notre porte pour obtenir des informations ou pour acheter une carte journalière des CFF. Lorsque nous avons perdu le privilège de vendre ces précieuses cartes, ce lieu perdit de son attrait.

Quand de l'ancienne gare des marchandises fut remplacée par un bâtiment de verre et d'acier, les CFF nous proposèrent un très joli local situé au deuxième étage du dernier bâtiment de la gare, juste en face de la poste. De là nous pouvions regarder les trains arriver et partir, le spectacle était des plus attrayant, surtout pour une association dont les objectifs sont, entre autres, la défense des transports publics. Seulement, nos membres et les personnes désireuses d'obtenir des informations sur nos activités avaient de la peine à nous trouver.

C'est  pour combler ce déficit de visibilité que nous avons décidé de nous installer en vieille ville de Delémont, avec pignon sur rue, offrant ainsi une visibilité optimale. Les gens s'arrêtent, regardent à l'intérieur pour voir de quoi il s'agit exactement, poussent la porte et entrent. C'est  alors que la discussion peut s'engager et que nous pouvons nous présenter et informer, dire qui nous sommes et quels sont nos objectifs. Pour la première fois nous disposons d'une salle de réunion indépendante du reste du local. Cela permet de tenir des séances de comité ou d'autres séances de travail sans déranger les personnes qui travaillent dans un espace ouvert, où l'on peut venir, poser son ordinateur portable et faire ce qu'on a à faire. Le reste de l'espace est utilisé pour la photocopieuse et pour mettre les documents nécessaires à nos activités.

Disposer d'un espace en commun permet aussi des échanges fructueux, de connaître les projets que les uns ou les autres suivent. Ces projets ou ces actions se révèlent souvent très complexes. Un projet peut avoir pour objectif principal la défense d'un site menacé par une urbanisation malvenue, en dehors par exemple de toute planification. Il s'agit alors de défendre un site naturel, un paysage, mais aussi la faune et la flore menacée par des promoteurs souvent plus sensibles à l'aspect économique qu'à l'aspect environnemental d'un projet. Nous pouvons alors mettre en commun nos capacités d'analyse dans des domaines aussi divers que le droit de l'environnement, les lois et ordonnances fédérales et cantonales sont régulièrement mises à jour, les plans directeurs locaux et le plan directeur cantonal (en révision quasi permanente), la politique des transports de la confédération et du canton, etc.

Nos sections cantonales peuvent aussi compter sur nos membres, dont les connaissances sont mises à contribution pour appuyer les secrétaires et chargés de mission payés par leurs associations respectives. Ce nouvel espace des associations permettra, nous en sommes certains, aux nombreux membres bénévoles de venir mettre leur force de travail et leurs connaissances spécifiques, dont nous avons un besoin absolu, à notre disposition, pour mener à bien nos luttes. Il y a urgence, dérèglement climatique, gestion de l'eau, pollution des rivières et des sols, pollution de l'air, bruit routier, surproduction de viande, disparition de terres agricoles, politique énergétique, effondrement de la biodiversité, ce ne sont pas les sujets qui manquent.

Nous disposons, avec ce nouvel espace des associations, d'un outil performant, idéalement situé. C'est à nous de le faire vivre à l'avenir.

Alle, le 5 mars 2018

Pour un avenir sans carburants fossiles

Auspuff

L’Assemblée des délégués de l’ATE Association transports et environnement a adopté son nouveau programme pluriannuel 2018-2020 portant sur les axes thématiques: réchauffement climatique et carburants, aménagement du territoire et des transports favorable à l’environnement, et sécurité routière et mobilité en réseau sur fond de révolution digitale. L’ATE entend ainsi contribuer à l’émergence d’une mobilité durable et écologique pour notre pays.

Les quelque 80 délégués des 23 sections de l’ATE et son Comité central ont été unanimes à reconnaître que l’ATE doit conserver et renforcer son identité d’organisation environnementale combative. En considération du réchauffement climatique, de la ratification de l’Accord de Paris, des prochaines délibérations sur la loi sur le CO2 et de la mise en œuvre de la stratégie énergétique 2050, l’ATE va s’investir davantage encore pour l’introduction de règles claires et efficaces en matière de transports et pour la promotion d’une mobilité sans sources d’énergie fossiles. Il faut savoir qu’en Suisse, 40% des émissions de CO2 sont dus aux transports. En outre, les moteurs à combustion émettent non seulement du CO2 mais aussi beaucoup de polluants, tels que particules fines et oxydes d’azote, particulièrement nocifs pour la santé et l’environnement.

L’ATE usera de toute son influence pour que l’industrie automobile respecte les règles et les conditions cadres telles qu’elles ont été définies et qu’elle cesse de les contourner pour des motifs fallacieux, par des tours de passe-passe ou par des fraudes. En outre, elle pèsera de tout son poids pour que ces conditions-cadres soient définies dans l’intérêt de la santé de la population et de la protection de l’environnement. Dès lors, des objectifs environnementaux bien plus ambitieux s’imposent en matière de transports, sans quoi la Suisse risque de rater gravement les objectifs de l’Accord de Paris.

Le nouveau programme pluriannuel de l’ATE met l’accent sur la priorisation d’une mobilité plus écologique pour la Suisse et en particulier sur tous les modes de vie et d’habitat qui ne dépendent pas de la voiture: elle passe par la promotion des transports publics nationaux et urbains et de la mobilité douce, ainsi que par la gestion intelligente de la circulation par une mise en œuvre rapide des possibilités de l’informatique moderne. Pour donner à la mobilité un caractère durable, il faut non seulement créer de meilleures conditions cadres, mais également induire des changements comportementaux débouchant sur une mobilité plus respectueuse de la population et de l’environnement.

Par ailleurs, l’ATE va continuer de combattre l’écart de prix grandissant entre les transports publics les transports motorisés, afin de freiner la croissance du trafic et d’éviter un report du trafic voyageurs vers la route. Elle va s’engager pour que les coûts externes des transports soient pris en compte, y compris ceux des transports aériens – en Suisse, ceux-ci sont responsables de 16 % des émissions de CO2.

Les délégués de l’ATE sont unanimes à reconnaître que bien trop de moyens financiers sont consacrés à la route. Dès lors, l’ATE va s’investir pour davantage d’équité dans l’utilisation de l’espace public au niveau de la planification des infrastructures de transport et de l’aménagement du territoire. Il est grand temps d’accorder enfin à la mobilité cycliste et piétonne la place qui leur revient sur la chaussée.

Plus d'informations

Evi Allemann, Présidente de l’ATE, 079 560 72 94
Lisa Mazzone, Vize-Präsidentin VCS, tél. 077 404 16 08
Matthias Müller, Responsable Communication et Public Affairs, 079 757 00 91