Pillage de la caisse fédérale et de notre environnement en Suisse

NAF Lead Autobahn

Un développement exacerbé de la route dégraderait l’environnement et le climat, sans résoudre les problèmes de circulation actuels et à venir. De plus, la majorité bourgeoise du parlement a fortement gonflé la contribution de la caisse fédérale au Fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA), tout en diminuant celle des automobilistes. Tout comme l’initiative « Vache à lait », le FORTA constitue donc un pillage de la caisse fédérale. L’ATE s’engage en faveur d’une politique intelligente de la mobilité innovante, mettant l’accent sur une meilleure utilisation de l’infrastructure existante.

Notre beau pays est trop petit pour que des autoroutes à 6 ou 8 voies le sillonnent. Avec un FORTA totalement démesuré, la Suisse risque de devenir une étendue de béton: ce fonds n’est rien d’autre qu’un retour à l’époque du grand développement routier des années 1960 et ne résout rien aux problèmes de circulation.

Mieux utiliser les infrastructures existantes pour un pilotage intelligent de la mobilité

Du point de vue de l’ATE, l’avenir de la mobilité en Suisse passe par une meilleure utilisation de l’infrastructure existante. Notre pays doit gérer et doser intelligemment la circulation, en utilisant les technologies numériques et des incitations financières, notamment en encourageant les modèles de covoiturage, en coordonnant mieux les transports grâce à la tarification de la mobilité et en endiguant la croissance du trafic. En outre, il faut investir dans les transports collectifs, ainsi que dans les infrastructures cyclistes et piétonnières permettant de rejoindre les arrêts de manière sûre et rapide.

Coupes douloureuses dans les transports publics et la formation

L’utilisation de l’important montant prévu par FORTA ne serait décidée que dans quelques années. Pourtant, des sommes devraient d’ores et déjà être bloquées, au détriment des besoins qui existent ailleurs. Aujourd’hui déjà, les autoroutes disposent de 3 milliards de francs annuels, un budget qui n’est en général pas dépensé dans sa totalité. Mettre en réserve un milliard supplémentaire est une mesure disproportionnée, à court terme et préjudiciable à la Suisse. Les projets d’agglomération, efficaces et appréciés, ainsi que l’actuel financement spécial de la circulation routière peuvent facilement perdurer dans le cadre de la Constitution en vigueur. Cet argent ferait cruellement défaut dans d’autres domaines : des coupes sévères menacent les transports publics, la formation, la coopération au développement ou l’agriculture.

La Confédération a décidé d’appliquer un programme d’austérité à hauteur de 2 milliards de francs. Dans le pire des cas, si la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) était acceptée, les pertes de recettes fiscales se chiffreraient en milliards. La situation est extrêmement préoccupante, d’autant plus qu’il manque déjà des fonds fédéraux pour des tâches importantes, notamment pour les RER et les trains régionaux. En cas d’acceptation du FORTA, le prix des billets augmenterait encore plus fortement à l’avenir. En matière de formation, les cantons devraient remplir davantage les classes et supprimer des cours. Personne ne peut dire comment nous financerions la prévoyance pour le 3e âge ou le système de santé à moyen terme. Les véritables défis pour la Suisse sont là, pas dans la construction frénétique de projets routiers surdimensionnés. L’ATE rejette donc également résolument la RIE III.

Plus d'informations

Caroline Beglinger, co-directrice de l'ATE, 079 310 11 86
Lisa Mazzone, conseillère nationale, membre des Verts et membre du Comité central de l’ATE, 077 404 16 08